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MessagePosté le: Lun 12 Oct - 12:02 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

NEVERS
Chanson / Chant 
samedi 10 octobre 2009 - 08:43 Un chanteur de l'humanité



Jérôme Pilleyre
La voix est douce, captivante, vite entêtante. Comme ses chansons. Alain Souchon parle comme il chante. Avec les mêmes mots. Avec le même regard, tendre, ironique et décalé. Un regard qu'il laisse vagabonder au hasard de ses pas, au fil de l'actualité. « Dans la rue, dans les médias, j'attrape des mots qui volent. On a tous comme ça des sensations du monde. Moi, j'en fais des chansons, d'autres des crises de nerf ou de la politique. »
La politique ? Le sujet qui fâche. « Il y a deux façons d'en faire. Il y a, d'abord, la comédie du pouvoir. Les rôles sont connus. Longtemps porteuse d'espoirs, la gauche a amené Tapie ! Sarko\Royal, Villepin\Sarko, Aubry\Royal, tout ça s'apparente à une comédie musicale. Ça se regarde, mais c'est inefficace. Il y a, ensuite, le vrai engagement : contre la menace écologique, la mondialisation et son cortège de délocalisation, bref, les vrais soucis du monde, les vrais soucis des gens. »
Citoyen, Alain Souchon met aussi facilement que discrètement la main à la poche. Chanteur, il fait entendre son humanité. Comme sur Écoutez d'où ma peine vient, son douzième album, qui se penche sur les clandestins en souffrance (Elle Danse), les femmes en prison (8 m2) ou les nantis de la crise (Parachute doré).
Comme sous les feux de la rampe : « La vérité de notre métier, c'est la scène. Je me souviens avoir vu Brel, Ferré, Brassens, Bécaud, c'était extraordinaire. À chaque tournée, je me réjouis de retrouver le public, les applaudissements, les émotions partagées, la route. La scène donne le sentiment d'être important, de compter. Éphémère et dérisoire, ce sentiment est cependant indispensable. L'insuccès a ceci de terrible pour un artiste qu'il se sent alors entièrement et personnellement rejeté. Mais après trente-cinq ans de carrière, je suis un peu moins anxieux ».
Pas d'effets spéciaux, donc, pour tromper son apparente timidité, juste un rituel bien rodé. « Je prends de l'aspirine, du café et je relis mes chansons, les anciennes comme les nouvelles, car ma mémoire me joue des tours. C'est pas avec moi que les gens verront un hélico sur scène ! »
Il en a définitivement fini avec le cinéma : « J'étais un comédien honnête, sans plus, par manque de passion tout simplement. Qu'on préfère mes chansons à mes rôles me fait plus plaisir. »
Cette passion pour la chanson passe aussi par l'écoute des autres : « Olivia Ruiz, Vincent Delherm, j'aime la fraîcheur d'esprit de la nouvelle génération. Elle renoue avec la chanson réaliste, Fréhel, Mouloudji, Aznavour, après avoir assimilé ma génération très marquée par la pop anglaise. »
Ses fils, Pierre, l'aîné, et Charles, alias Ours, s'y sont fait un nom. « Les parents sont fiers de voir leurs enfants réussir. Je leur avais dit, il y a longtemps, que le métier de chanteur avait deux aspects avec, d'un côté, les paillettes et les filles, et, de l'autre, le travail. Ils n'ont pas oublié. Et puis, la collaboration entre Pierre et Julien, le fils de Laurent (Voulzy), me renvoie à celle que j'ai avec son père. L'amitié, c'est essentiel à la vie. » Son public l'a bien compris, qui l'accueille comme un ami et sait écouter.


http://www.lejdc.fr/editions_locales/nevers/un_chanteur_de_l_humanite@CARGN…
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MessagePosté le: Lun 12 Oct - 12:02 (2009)    Sujet du message: Publicité

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ANNE-Sophie
Toto 30 ans

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MessagePosté le: Lun 12 Oct - 16:48 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

 Bonsoir,

 merci pour ce superbe texte, c'est très beau et bien écrit
 et cela fait plaisir à lire.

 AS.
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MessagePosté le: Mar 20 Oct - 08:05 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Alain Souchon : “Il y a des moments où je suis tout à fait heureux”Fort de son dernier album Ecoutez d’où ma peine vient, sorti en décembre 2008, le chanteur qui cultive une certaine veine mélancolique part en tournée française jusqu’en janvier.


Le poète, Alain Souchon part sur les routes avec son dernier opus Ecoutez d’où ma peine vient. Ce mardi soir jusqu’au 1er novembre, il sera sur la scène du Casino de Paris.
FRANCE-SOIR. Vous intitulez votre album Ecoutez d’où ma peine vient… D’où vient-elle justement ?
Ça doit être de ma nature. Une nature mélancolique. C’est surtout une chanson qui se veut drôle. Tout le monde a une peine : le temps passe vite, l’amour est difficile et les politiques se foutent un peu de nous.
Certains disent que vous avez fait de la mélancolie un art de vivre. Qu’en pensez-vous ?
Je suis assez stupéfait. Bien entendu, quand on est dans une adolescence prolongée, ce qui est mon cas, on se réfugie dans le refus de la vie normale et de la gaieté pour s’abandonner à la mélancolie. Cela donne aussi envie d’écrire. La peur entretient aussi cette adolescence attardée. Mais, il y a beaucoup de moments où je suis tout à fait heureux. Je cultive aussi un peu cette mélancolie et cette façon de voir le monde. Evidemment, ça peut rendre triste.




Vous avez enregistré une petite vidéo humoristique sur votre site officiel pour annoncer votre tournée. A quoi peut donc s’attendre votre public ?
A rien. Il va y avoir mes chansons. Je suis traditionnel comme garçon. Personnellement, lors d’un concert, j’aime que l’artiste me chante ses chansons. J’aime comprendre sa musique et ses paroles. Il faut que ça me touche. C’est ce que j’essaye de faire sur scène.


Reprendrez-vous des classiques ?
Oui. Ce sera un savant mélange de nouveautés et d’anciennes chansons. J’ai la chance d’exercer ce métier depuis longtemps et d’avoir un répertoire fourni. Je vais aussi interpréter des titres moins connus. Je veux faire redécouvrir des titres que j’aime et qui sont passés à l’as auprès du public comme Les Saisons sur l’album Ecoutez d’où ma peine vient. Evidemment, il y aura Foule sentimentale, qui donnera aux gens l’envie de taper dans leurs mains.




Vous allez vous installer au Casino de Paris pour deux semaines. Cela est-il plus confortable pour vous de chanter plusieurs jours sur la même scène que de changer de lieu tous les soirs ?
J’apprécie aussi de me balader en France et de voir les paysages ravissants de notre joli pays. J’aime rêvasser en regardant le décor.
Laurent Voulzy a composé une musique sur Ecoutez d’où ma peine vient. Il n’a pas pu plus collaborer au vu de son planning chargé. Vous a-t-il manqué ?
Oui il m’a manqué et j’aime même voulu appeler l’album « Sans Lorenzo ». J’aime travailler avec lui. Il me rassure. Nos emplois du temps ne coïncidaient pas cette fois-ci comme souvent d’ailleurs. Il a travaillé de son côté et moi du mien.
Il y a une réelle amitié entre vous…
Ma foi…
Êtes-vous complémentaires artistiquement ?
Oui, il est l’encyclopédie du monde pop rock et musical en général. Il connaît aussi bien Jean-Sébastien Bach qu’Elvis Presley. Je l’admire beaucoup. De son côté, je pense qu’il apprécie ma connaissance des auteurs romantiques, ainsi que mon goût pour la poésie, les rimes, les césures et les mots. Nous nous complétons. Nous avons des goûts communs sur la nature, les pique-niques et aussi les jolies filles… Mais nous sommes aussi très différents.
Vous vous êtes rencontrés en 1974. Depuis vous avez toujours travaillé ensemble. que Cela a-t-il été une évidence artistique entre vous ?
Oui. A l’époque nous ramions tout les deux dans notre coin. Nous faisions des chansons qui n’intéressaient personne. Mais depuis que nous avons fait notre premier titre ensemble, J’ai dix ans, le succès a été au rendez-vous. Nous nous sommes retrouvés à la tête des hit-parades. Nous avons réitéré l’expérience avec une autre chanson. Puis, à chaque fois que nous faisions des chansons ensemble, la réussite était au rendez-vous. Nous étions fascinés l’un par l’autre.
Sur cet album vous avez travaillé avec votre fils Pierre qui a composé plusieurs mélodies. C’est la première fois ?
Non. Quand je tombe en panne, je fais appel à lui. A ce moment-là, nous ne sommes plus un père et un fils, mais deux musiciens. Il est extrêmement brillant et c’est très agréable de travailler avec lui.
Vous avez écrit un titre intitulé l’une de vos chansons Bonjour tristesse. Pourquoi cet hommage à Françoise Sagan ?
C’est un personnage qui m’a toujours fasciné par son côté rock’n’roll et destroy. Mais en même temps, elle était raffinée. Elle avait une façon de décrire les sentiments amoureux qui me charme énormément. Ses discours étaient toujours bien sentis.
Sur Parachute doré vous faites un constat malheureux de la crise. Dans vos albums, vous ancrez toujours un ou deux titres dans l’actualité. Cela est-il un besoin pour vous de dresser un constat de la société ?
Oui, c’est mon envie. Chacun fait comme il veut. J’ai mon petit angle de vue. Sans prétention. Ces histoires de parachutes dorés me fascinaient depuis longtemps. J’ai décidé d’en faire une chanson. Ce qui est amusant c’est que les médias ont commencé a en parler beaucoup au moment de la sortie de l’album.
Alain Souchon aurait-il aimer vivre à une autre époque ?
Je me pose souvent cette question. J’aime mon métier, c’est un travail moderne, de contact rapide par l’intermédiaire des ondes. C’est cela qui remplit ma vie. J’aime la technicité de notre époque. Je ne sais pas si j’aurais aimé être un troubadour et marcher dans la boue avec ma guitare.
On a pu lire dans la presse lundi matin, « Alain Souchon, Francis Cabrel, Julien Clerc… 2008 était marqué par le retour des papys de la chanson française…. » Que pensez-vous de cette citation ?
C’est une bonne citation. On a l’âge des papys et en même temps les gens nous aiment en tant que chanteur. C’est sympa !
Ecoutez d’où ma peine vient, Alain Souchon, Virgin, 14 euros



Un disque éblouissant
Les textes d’Alain Souchon sont toujours des petites pépites d’écriture. Laurent Voulzy, ami de toujours n’a composé qu’une seule mélodie, Popopo. Le cocktail détonnant du rok de Voulzy et de la poésie de Souchon n’est pas au rendez-vous mais ce disque reste tout de même l’un des meilleurs de l’artiste. Les mélodies sont souvent entraînantes et prennent parfois des accents tropicaux – Parachute doré – ou synthétiques – La Compagnie – bien qu’elles habillent des chansons souvent mélancoliques. Sur Ecoutez d’où ma peine vient, il est question d’amour, du temps passé – La Compagnie où les boogie Woogie coquins battaient leur plein –, de la société – Parachute doré –, d’une petite gangster – 8 m2 –, ou encore de son péché mignon – Oh la guitare. Bref, du grand Alain Souchon sur un album poétique.
Edition France Soir du mardi 20 octobre 2009 page 23



http://www.francesoir.fr/musique/2009/10/20/alain-souchon.html
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MessagePosté le: Mer 21 Oct - 12:01 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Alain Souchon : "J’essaie d’être juste digne et honnête dans ce que je fais"
L'œuvre d'Alain Souchon témoigne de la valeur d’un chemin créatif, exigeant, tourné vers ses semblables et qui l’a fait virer depuis Foule sentimentale au phénomène de masse avant de le canoniser. Interview à quelques jours de son retour sur scène au Casino de Paris avec ce chanteur, qui nous ressemble, témoin de son temps, qui s’est imposé dans nos vies comme une voix nécessaire qui chante les maux de son âme avec les mots de son temps, houspille le monde et ses égarements.

Votre album s'ouvre sur une chanson Rêveur qui évoque l'échec d'une certaine utopie soixante-huitarde. C’est une lecture à rebours de l’histoire par deux chanteurs ayant connu 68 et qui en sont revenus ?

Alain Souchon : En 68, je me disais que c'était bien de foutre le désordre, car le monde n'était pas très amusant à vivre. Il y avait quelque chose de très dur que la jeunesse cherchait à adoucir. On voulait changer le monde. Comme je dis dans la chanson : “On voulait des matins doux. On disait, vous verrez quand ce sera nous. Plus de violence, plus de coup”. Ce n'est pas vraiment ce qui s'est passé. Et puis, on a tellement espéré de la gauche et je me rends compte que rien n’a changé. Le libéralisme s’est accru, la mondialisation n’a cessé de s’étendre et il n'y a plus que l'argent qui compte. C'est effrayant de voir le monde tel qu'il va, impitoyable envers les faibles et les candides, souriant aux cyniques. C’est monstrueux de voir tous ces gens gagner de l’argent sans rien faire et grâce au CAC 40 ou aux parachutes dorés ! Comme je le chante : “La foule s'est mise à marcher Au pas de loi du marché C'est le Cac qu'a cadencé”.


Vous citez The times they are a changin de Bob Dylan, dans la première chanson de votre album. On trouve chez vous presque toujours des références anglo-saxonnes. Qu’est-ce qui vous plaît chez les Anglo-saxons ?
Alain Souchon : Dylan était très important à mon époque. J'aurais aimé être Dylan. C’est mon époque avec les groupes de rock, Leonard Cohen, Randy Newman, ce génie du ragtime. J’aime chez Dylan sa poésie et ses textes engagés avec des thèmes avant-gardistes comme l’antiracisme, la justice sociale, l’émergence d’un monde nouveau et une musicalité dépouillée, sans jamais renier les racines du blues, du gospel et de la musique country. Il y a chez Dylan comme chez Ferré, le même combat. Ce sont des modèles d’engagement social. Quant à l’Angleterre, j’y ai découvert le “beat”, cet art de bouger et de faire bouger. Les Anglo-Saxons répètent une phrase et ça sonne formidablement. Ils sont beaucoup plus musiciens.


Avez-vous conscience d’avoir apporté un style nouveau à la chanson française ?
Alain Souchon : C’est vrai car on voulait être différent, mais c'était instinctif, pas calculé. On n'avait pas envie de faire comme ceux qui nous avaient précédés. D'abord, parce qu'on n'aurait pas pu. Quand on arrive derrière Brassens, Brel, Ferré ou Barbara, on ne peut pas faire mieux, ni même aussi bien. Alors, j'écrivais mes trucs dans mon coin et c'est venu tout seul. Mon style s’est affirmé petit à petit. Je voulais déstructurer le Français, le faire swinguer. Ma plus grande joie, c’est de trouver le rapport entre les notes et les mots et que ça coule, qu’on ne sente pas le travail. Je voulais rendre le Français plus pop et j’ai eu la chance de rencontrer Laurent Voulzy avec sa culture pop extraordinaire. Il jouait comme j'en rêvais. Lorsqu'on a fait J'ai 10 ans, ça m'a donné un plaisir inouï, à cause du rythme, du “beat”. C'était exactement ce que je voulais et je n'y arrivais pas tout seul.


Son approche plus rythmique vous a-t-elle obligé à modifier votre écriture, à vous débarrasser d’une langue trop académique, des règles habituelles de versification ?
Alain Souchon : Bien sûr ! Cette approche plus rythmique m'a obligé à modifier mon écriture, à briser mes phrases, à bousculer le Français. C'était comme un jeu. C’est en faisant J'ai 10 ans que j’ai compris qu’il fallait aligner les mots différemment à cause du rythme. J’ai trouvé un langage. Je pensais mes textes musicalement. J'ai 10 ans nous a ouvert les portes des hits parades et ça c’était fabuleux pour nous. Cela nous changeait la vie et nous donnait des raisons de vivre.


Est-ce que Laurent Voulzy ne vous préfère pas dans une verve satirique (ce qu’il ne fait pas) et que vous aviez initié avec l’album Jamais content ?
Alain Souchon : C’est complètement vrai. Il m’aime dans ce registre. Il me pousse dans la satire souvent et nous avons fait ensuite, après J’ai dix ans, Jamais content, Poulailler‘s song, le Bagdad de Lann Bihouë, le dégoût, entre autres.


Comment vous viennent vos idées souvent atypiques et qui font votre marque de fabrique ?
Alain Souchon : En me baladant. Je marche en tentant de me souvenir de phrases musicales et d’expressions. Lorsque j’ai trouvé l’expression, ensuite, ça devient un vrai boulot. Quand j’ai trouvé, pour la chanson L'amour à la machine, la formule, “Passez notre amour à la machine, Faites le bouillir Pour voir si les couleurs d'origine Peuvent revenir”, j’étais ravi, heureux.


Dans Écoutez d’où ma peine vient, votre dernier album, vous fustigez l'économie de marché et ses abus, la surconsommation, le “tout-sécuritaire”, la vie carcérale et la clandestinité, la crise et les parachutes dorés. Avez-vous conscience d’être devenu depuis vingt ans le chanteur sociétal par excellence ?
Alain Souchon : Je ressens mon époque. Je la sonde. Je suis spectateur du monde, de la société et j’en fais des petites chroniques en chansons. Ma chanson 8m² par exemple m’a été inspirée lorsque je suis allé voir des filles en prison. Cela m’a bouleversé car je me demande si tout cela sert à quelque chose car, pour la plupart, elles n’ont pas fait grand chose. Elles sont plus victimes qu’autre chose. Quand j'ai écrit Foule sentimentale, on a dit que j'avais fait un truc génial... Je fustigeais notre époque en mal d’idéal qui a trop sacrifié au mercantilisme. Je ressens que les gens ne sont pas heureux dans ce monde, dans cette hyper-consommation. Notre monde et mode de vie s’écroulent et a atteint ses limites. Quand j’écris Les cadors sur la délinquance ou C’est déjà ça sur l’immigration, en fait, simplement, j'écoute, je regarde. Regarder, écouter les autres, c'est toujours intéressant. Aujourd'hui, tout le monde regarde, un peu béat, la France dans cet état.

"Plus on avance en âge, plus il est difficile de changer le cours des choses, la roue tourne malgré nous, et on ne peut pas l'arrêter".



Vous chantez Bonjour tristesse de Sagan quand Arthur H chante Adieu tristesse. Vous sentez-vous résigné ?
Alain Souchon : Résigné, certainement. J'ai évolué au cœur de la génération hippie, sans en être. Je les trouvais plutôt sympas et rigolos avec leur envie de paix, de flower, leur envie de fumer des pétards, de flirter avec de jolies filles qui ne faisaient pas trop d'histoires pour faire l'amour. Je pensais que le monde ne pourrait alors qu’aller mieux, changer de peau. Jusque-là, nous avions vu les guerres se succéder, toutes plus violentes les unes que les autres. On pouvait espérer une évolution positive. Mais, on constate malheureusement que la violence, tant militaire que financière, continue de gangrener le monde. Les hautes places boursières manient le monde avec une inconséquence effrayante.


Une femme comme Françoise Sagan vous fascine et, de manière générale, les gens aux existences hors normes, alors que sur un début de vie de ruptures et de repères brouillés, vous avez construit une existence stable, avec votre femme, votre partenaire musical, vos deux fils musiciens...
Alain Souchon :C'est vrai. Par réaction sûrement par rapport à un début de vie chaotique. Comme j'ai beaucoup changé, tout le temps, je me suis toujours dit que je n'aimerais pas changer de femme, j'habite toujours le même appartement, j'ai toujours le même partenaire musical... Françoise Sagan sortait tous les soirs, rentrait saoule. Chez elle, ça me fascinait. Jeune, j'allais dans des endroits où je pouvais rencontrer des filles. Je buvais des whiskys pour me donner du courage. Seulement, ça me faisait vomir. Et donc, je n'ai pas pu mener cette vie de débauche qui m'attirait. J’ai toujours eu une santé trop fragile. Sagan a mené une existence de star. Ses interviews étaient fantastiques, où elle évoquait l'amour, la vie, la mort, la vitesse, les cigarettes ou les chevaux. Même chose pour Frédéric Beigbeder dont la vie me fascine et sa façon très particulière de la raconter. De même, j'aurais bien aimé être un grand aventurier. Les explorateurs me fascinent comme Théodore Monod ou Rimbaud rentrant à pied à Charleville. J'admire les navigateurs de l'époque de Christophe Colomb ou les cosmonautes.


Vous avez mis en musique un texte d’Aragon Oh ! la guitare, un poème tiré de l'Elégie à Pablo Neruda, chanté, jadis, par Hélène Martin... Pour quelle raison ?
Alain Souchon : Je lis et relis Aragon. J'aime l'ensemble de son œuvre, mais rien n'est plus bouleversant que ses textes écrits pendant l'Occupation. Ce sont des chansons sans musique, chargées d'exalter l'âme française, d'unir catholiques et communistes dans le même élan de résistance. En célébrant Aragon, je retrouve, ma jeunesse et l'époque où j'écoutais Ferré chanter Est-ce ainsi que les hommes vivent ?


Dans la dernière chanson de votre album, vous vous attaquez au mythe du Che. Vous méfiez-vous des icônes ?
Alain Souchon : Beaucoup ! Plus qu'au Che lui-même, je m'en prends à ceux qui en ont fait cet être parfait, sorte de figure divine à suivre aveuglément. Ernesto Guevara n'était qu'un homme, avec ses qualités et ses faiblesses. Toute cette passion pour le Che m'agace un peu. Il y avait chez lui cette notion de "plaisir" à manier les armes et à donner la mort qui me dérange, me heurte profondément.


Au bout de douze albums, prenez-vous toujours autant de plaisir à faire de la musique ?
Alain Souchon : Je ne ressens pas la moindre lassitude, bien au contraire. Bien sûr, il y a parfois des moments difficiles où l'inspiration et l'envie vous délaissent quelque peu. Mais, c'est ma vie, et j'ai l'impression, que plus ça va et plus j'éprouve du plaisir à faire ce métier. Je pourrais très bien céder à une certaine autosatisfaction, mais très sincèrement, ce n'est pas le cas. J'ai toujours cette peur de l'échec lorsque je sors un nouveau disque, cette peur de la place publique. Cette peur de me voir renvoyer à la figure une de mes chansons ou un de mes disques.


Cela vous a-il gêné que Allô maman bobo vous colle si longtemps à la peau alors que votre premier album véritable est Jamais content, un titre très revendicatif qui était un peu du rap avant l'heure ?
Alain Souchon : Pour moi, mon premier album véritable, c'est Jamais content. Mais, on a mis en avant à l'époque Allô maman bobo. C'était une histoire vraie. J'avais appelé ma mère après être tombé à skis. C'était quand même curieux d'appeler sa mère à 30 ans, pour une chute à skis... Mais moi, j'aimerais qu’on retienne Jamais content. C'était important pour moi. Je trouvais ça génial, revendicatif.

"Allô maman bobo, ça a fait plaisir à ma mère et puis ça m'a mis en couverture de L'Express".



Toutefois, justement, ne déplorez-vous pas que le succès de Allô maman bobo vous ait façonné un personnage un peu féminin, doux, fragile que certes vous êtes mais exagérément ?
Alain Souchon : Le succès de Allô maman bobo m'a donné l’image d’un personnage un peu féminin, doux, gnangnan, fragile, qui s’occupe de ses enfants. Ce que je suis, mais pas à ce point. Il y avait de l'artifice dans ce gentil garçon en pull mohair. C'était évidemment forcé même si je changeais les couches de mes enfants ! J’ai la voix douce et une silhouette frêle alors on ne se méfie pas. Daniel Balavoine m’avait parlé un jour de ma “dangereuse douceur”...


Vous dites souvent : “Si je n'avais pas pu devenir chanteur, j'aurais eu une vie dramatique”... Vous la voyiez comme ça, votre vie ?
Alain Souchon : Si je n’avais pas pu devenir chanteur, j’aurais eu une vie banale, de glandeur, de traînard, de clochard. Au début de mon succès, j'ai pensé que tout reposait sur un malentendu. Le personnage un peu mièvre de Allo maman bobo avait tout envahi. On me prenait pour un garçon doux en pull mohair bleu ciel qui s'occupe des enfants, que les femmes veulent protéger. Tous les hommes gardent leur mère dans un coin de la tête, c'est émouvant, chacun s'y retrouve, mais l'important, par-dessus tout, c'est l'universalité des chansons. Et ça, ça a donné un sens à ma vie, ça m’a permis d’exister.


Dans le texte de La vie Théodore, vous répétez souvent le mot “ennui”. Une de vos chansons s'appelait d'ailleurs L’ennui. Quel rapport entretenez-vous avec ce “monstre délicat”, comme l'appelait Baudelaire ?
Alain Souchon : À part faire des chansons et la nature, rien ne me passionne dans la vie. Tout me laisse inerte. Même le sport et la politique !


Le succès a-t-il effacé chez vous cet égocentrisme douloureux qui vous rongeait, cette fatigue de tout, cet aquoibonisme désabusé de vos débuts et qui énervaient certains ?
Alain Souchon : Oui car j’ai pris de l’assurance. Je me sentais mieux car j’étais aimé. Mais, j'ai toujours peur qu'on me renvoie chaque nouveau disque à la figure. Pour l'instant, j'ai été gâté. Autrefois, on faisait des disques qui marchaient très fort et qui passaient beaucoup à la radio. Et puis, on allait faire des concerts, et, parfois, il n'y avait personne. Maintenant, c'est le contraire. Les radios sont tellement submergées qu'on peut très peu y passer. En revanche, il y a du monde aux spectacles. Comme dans les années 50, on revient à la fonction première du chanteur : il chante et, éventuellement, on achète son disque pour se souvenir.


Un succès qui a fait que vous avez mûri, pris de l’assurance et la mesure de votre époque et où s’est amorcé dans votre œuvre une vraie critique sociale qui fait que vous êtes devenu un chanteur sociétal, sociologue. D’ailleurs, à ce propos, c’est, je crois, Brassens qui vous avait affirmé : “Un jour, tu feras des chansons sur le monde, sur les autres”...
Alain Souchon : Georges Brassens voyait clair. Il avait tellement raison. Pourtant, je trouve prétentieux de parler de religion, par exemple, comme lorsque je l’ai fait avec la chanson Et si en plus y’avait personne ? et, en même temps, je sais que c'est ce qu'on attend de moi, un point de vue, étant donné mon âge, et les thèmes que j'ai déjà traités. Même si ça ne reste que des chansons...


Vous ne contestez pas dans vos chansons, mais vous constatez contrairement à d’autres chanteurs qui exaltent les révolutions…
Alain Souchon : Je fais des chroniques. Je constate en spectateur du monde. Je ne suis pas du genre à hurler. Je n’ai pas une âme de militant. Mes chansons, je les écris en regardant ce qui se passe autour de moi. Mais, j’ai toujours aimé les râleurs et les gueulards.

"C’est Dylan, Ferré, Brassens qui m’ont éveillé à la chanson. Sans eux, je ne crois pas que la vie m’aurait plu..."



Beaucoup de jeunes chanteurs de la nouvelle génération se réclament de vous. Vous considérez-vous comme le père de la nouvelle scène française?
Alain Souchon : C'est émouvant. Il y a une fraternité, ni feinte, ni artificielle des auteurs compositeurs entre eux : Chedid, Jonasz, Goldman, Cabrel, Sanson et Michel Berger, ... Et tous ces jeunes qui déboulent : Delerm, Bénabar... Je suis touché par la délicatesse de tous mes “frères” chanteurs.


Quel regard portez-vous sur votre parcours ?
Alain Souchon : Je suis content car je suis toujours là et j’ai l’impression que les gens m’aiment bien. Je n’aurais pas cru durer si longtemps. Même si la vie était décevante au départ, elle ne m’a apporté que des gentillesses, des caresses. J’ai été gâté et pourtant la vie est dure, féroce.


La vie de vos semblables est quelque chose qui vous tient à cœur…
Alain Souchon : Oui, regardez la vie de tous ces gens qui se lèvent à 6h30 du matin, portent leurs enfants à l’école, courent travailler dans les transports en commun et rentrent tard le soir en banlieue. C’est dur toute une vie de labeur comme cela. Ce ne doit pas être ça la vie. J’ai vraiment beaucoup de chance. Je suis un grand privilégié car la musique, mon métier, unit et relit les gens. Avec les musiciens, on s’aime bien.


Comme Brel, vous avez “mal aux autres”, ou Nietzsche qui disait que l’homme supérieur, c’est, celui qui “souffre de l’homme” et non de ses propres maux...
Alain Souchon : Je déplore que Brel ait pu le dire. Cela ne se dit pas. J’ai une sensibilité, je n’aime pas l’injustice. La vie, ça devrait être le plaisir, l’amour. J’essaie d’être juste digne et honnête dans ce que je fais.


C’est malheureusement un peu utopiste... À 65 ans, vous restez un éternel ado avec ses comptines sentimentalo-romantiques, ses petites madeleines mélancoliques...
Alain Souchon : Mais la séduction, l’amour, il n'y a que ça de vrai. C'est le sel de la vie. Mes chansons, c'est un peu du baratin. C'est une façon de caresser le monde, les gens, les filles. Charmer, c'est essentiel. Un chanteur charme les gens. J'aime ça. On est obligé, quand on est chanteur, de rester dans l’adolescence, dans la naïveté, d’être idéaliste. Moi, je suis plus intéressé par l’aventure de la vie que par le matérialisme. C’est en ce sens que je suis un ado.


Vous allez remonter sur scène dans quelques jours au Casino de Paris puis vous entamerez une tournée pour finir au Zénith de Paris. Partout, c’est à guichet fermé. Cela doit vous rassurer…
Alain Souchon : Ce lien affectif avec les gens me touche, ça me fait plaisir, c’est comme un fil. J’essaie d’être digne de ce qui m’arrive et qui est très injuste. Il n’y a pas de mesure entre le travail que je fournis et la récompense énorme que je reçois du public.


Vous avez souvent dit que vous arrêteriez de bonne heure la scène. Vous êtes toujours là…
Alain Souchon : C’est vrai. Je tiens le choc. Je le ferai quand j’aurai l’impression de mal faire mon métier. Ce métier me rend léger, me donne 16 ans. Malheureusement, on ne peut pas rester léger toute sa vie...


Quelle va être la couleur de votre spectacle ?
Alain Souchon : Vert pâle. Comme cet engouement pour l’écologie qui me plaît bien.


Enfin, à quand votre projet de disque avec Laurent Voulzy ?
Alain Souchon : Après ma tournée, on se remet au travail. Mais, c’est dur. Je bloque. J’ai du mal à écrire pour deux.

http://www.lejournaldesplages.com/post/2009/10/20/Fraternel-Souchon
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MessagePosté le: Mer 21 Oct - 19:09 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Souchon: "Je suis un simple chanteur"
Ce jour-là, il souffre d’une méchante grippe. La hantise de tout artiste en tournée. A une heure du début de son concert au théâtre de Colombes (92), Alain Souchon prend cette poisse avec philosophie sans masquer une pointe d’inquiétude : "C’est très gênant, j’espère ne pas décevoir le public", confie le chanteur en avalant ses médicaments homéopathiques prescrits dans l’urgence par son docteur. Une fois sur scène, il va donner un concert de belle facture, parfaitement épaulé par son groupe de quatre musiciens impeccables. Actuellement en tournée dans toute la France – il sera au Casino de Paris pour dix jours à partir de mardi –, Alain Souchon offre un tour d’horizon de trente-cinq ans de carrière : 24 chansons en deux heures avec des titres de son dernier album (Ecoutez d’où ma peine vient), des tubes incontournables (Rame, Foule sentimentale) et des chansons plus confidentielles (Les Saisons)…


Votre tournée s’intitule "Alain Souchon est chanteur". Une vérité importante à rappeler?
Cette affirmation me plaît à cause de son évidence. Alain Souchon n’est ni un grand showman ni un danseur, juste un chanteur planté derrière son micro.
Heureux de retrouver la scène?
Ah oui ! Je suis porté par une espèce de joie de vivre avec mes musiciens trentenaires. Ils sont heureux d’accompagner un chanteur de 90 ans. C’est gentil de leur part. Et puis la scène fait partie des deux moments de vérité de ce métier. Le premier se déroule dans notre chambre face à la feuille blanche. Même si, personnellement, je préfère marcher pour trouver l’inspiration. Je laisse mon imagination vagabonder. Je trouve une cadence musicale, des bouts de phrase et même des débuts de chanson. Si je reste assis à une table, je m’abrutis.
Durant votre tournée, vous allez reprendre votre chanson dans laquelle vous déboulonnez Che Guevara?
Non. J’ai reçu des e-mails terribles de fans qui me balançaient : "Plus jamais j’écouterai tes chansons, c’est fini, t’es passé dans l’autre camp." Je n’ai pas envie de voir des mecs se lever en plein concert et m’insulter. Cela ne me fait pas peur, mais ça ne m’intéresse pas. J’envisage les concerts comme une communion, et certainement pas comme un lieu de débat politique.
Quel souvenir gardez-vous de vos premiers concerts dans les cabarets rive gauche?
J’avais très peur de chanter. La timidité a été mon problème, pendant des années. Aujourd’hui, je suis moins "traqueur". Pour la scène, j’ai fait n’importe quoi, un peu au pif. Le public était difficile, les gens avaient pitié de moi. J’allais au cabaret d’Art et d’Essai, à la Contrescarpe. Je traînais beaucoup. L’époque voulait ça, c’était 1968, on ne cherchait pas à être rentable. Je me souviens de mon premier concert en professionnel à l’Olympia. J’avais chanté trois chansons en première partie de Jean-Jacques Debout. A la fin, Bruno Coquatrix vient me voir pour me dire : "Bon, ce que tu viens de faire, c’est de la merde. Mais t’as un truc, ça va marcher pour toi."
Vous étiez en rupture avec les artistes français de l’époque…
Je n’étais pas comme disait Balavoine "un héros". J’étais assez différent des Joe Dassin and Co. J’arrivais sur scène habillé avec un jean et une chemise fripée, je chantais ma fragilité, le dégoût de soi, à une époque où tout le monde revendiquait une espèce de puissance masculine, souvent factice. Quand on creuse, les mecs, au bout de trois scotchs, ils deviennent des loques parce que leur gonzesse est partie. C’est ça, la dure réalité de la vie des hommes. Moi, ça m’a toujours fasciné. Faut chanter ses faiblesses, dire qu’on a besoin de sa maman. Cette fragilité assumée et revendiquée a apporté un peu de nouveauté dans la chanson française.
Et votre album en duo avec Laurent Voulzy?
On a déjà écrit quatre chansons. Quand j’aurai fini la tournée, on se remet au boulot. Lui, il pond des mélodies formidables. Et moi, je bloque sur les paroles. J’ai moins de mal quand j’écris pour lui ou pour moi. Mais quand on chante à deux, il faut écrire pour deux hommes, penser pour deux, c’est très différent. Je merdouille un peu, mais ça va venir.


http://www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Souchon-Je-suis-un-simple-cha…

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MessagePosté le: Sam 24 Oct - 14:54 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Merci pour cette lecture.
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tu verra bien qu'un jour fatigué...
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MessagePosté le: Mer 4 Nov - 20:39 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Alain Souchon en forme olympique

Il n'en finira jamais d'avoir une sacrée allure d'évidence, Alain Souchon. Alors qu'il se produit ce jeudi au Zénith de Lille, nous avons assisté à la première de son spectacle au Casino de Paris. La force tranquille de l'artiste fait encore et toujours des merveilles.

Pas de première partie, mais une entrée en matière cocasse et intitulée « Vus sur web » : des anonymes, qui défilent sur écran géant, s'essayent au répertoire de notre hôte du soir. Massacre garanti.
Alain Souchon gagne la scène via des petits pas de danse guillerets. Le cheveu est hirsute, le regard coquin. D'emblée (On s'aime pas, Les regrets, Le baiser), on est en terrain connu. Celui d'un style et d'une patte dont les fondations ont été posées voilà 35 ans. Les humeurs les plus antagonistes se heurtent dans une perpétuelle explosion de forces instinctives et sentimentales, sans qu'on puisse y reconnaître pour autant la moindre concession à la facilité. Ce sont des chroniques souvent douces-amères et terrifiantes de vérité. Des chansons aiguisées et frondeuses qui embrassent, avec une acuité subtile et une drôlerie totalement désemparée, toutes les manies et les névroses de l'époque.
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Sa voix nonchalante, agissant comme un gratte-dos et reconnaissable entre toutes, il la trimballe depuis toujours Pourquoi changer ? Elle lui va comme un gant. Sa gestuelle, gauche et minimaliste, a quelque chose d'ostensiblement touchant. La mélancolie chevillée au corps, Alain Souchon chante en toute liberté. S'attaque à la crise financière sur une rythmique exotique (Parachute doré). Dénonce la situation des immigrés clandestins et des pouvoirs autoritaires (Elle danse, C'est déjà ça). Aborde l'écologie (Pardon ). Sans donner de leçons, il enfonce le clou au plus profond de nos désenchantements, dans les douleurs de nos errements, les vertiges de nos incertitudes, les lâchetés de notre insouciance. L'oeil et la plume sont toujours là pour nous surprendre, nous croquer, nous interpeller. Parfois, on ne sait sur quel pied danser, on change d'avis selon les couplets, selon les refrains.

Un karaoké bon enfant
Alain Souchon rend à la chanson populaire sa dimension thérapeutique. Use du name-dropping (Rive gauche). Et installe sereinement des titres si évidents. Presque essentiellement des tubes. Vont ainsi défiler entre deux anecdotes dont il a le secret : Écoutez d'où ma peine vient, Caterpillar, Sous les jupes des filles, L'amour à la machine, Et si en plus y a personne...
Le son résonne ici très « eighties » avec la prédominance du synthé. Sous la forme d'un karaoké bon enfant, le public, plein de soif d'idéal, entonne avec appétit les familiers Quand je s'rai KO et Foule Sentimentale. Souchon revient ensuite aux affaires avec J'ai dix ans (« Ce n'est pas une chanson, c'est un souvenir ») avant que surgisse son ami Laurent Voulzy pour une reprise de Simon & Garfunkel (Feeling Groovy) et un Rame fédérateur. Un véritable enchantement.
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MessagePosté le: Ven 6 Nov - 10:34 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

http://www.nordeclair.fr/Locales/2009/11/06/ecoutez-d-ou-son-charme-vient.s…

Alain Souchon a mis le Zénith de Lille en émoi hier soir, en parcourant avec une classe folle un répertoire dans lequel quasiment chaque chanson tient une place à part dans le coeur du public.

Des vidéos tirées de You tube où des amateurs s'essaient au répertoire d'un des plus poètes des chanteurs français actuels... Puis une ombre dansante se dessine sur le rideau. Alain Souchon apparaît. Cette façon de se déhancher en bougeant légèrement les pieds, tout doux.
Un « homme-enfant » ?


Il a « dix ans » paraît-il... Mais malgré tout une grande classe. Et s'il sait faire rêver et chanter son public avec des tubes aux accents de souvenirs éternels (Écoutez d'où ma peine vient, Les jupes des filles, Sommerset Maugham), Alain Souchon reste un grand idéaliste. Et c'est avec une poésie sans pareille qu'il nous emmène sur des sujets d'actualité, qui, de toute évidence, lui tiennent particulièrement à coeur. La finance débridée : dans les Parachutes dorés, sur une musique aux accents antillais, il évoque ces patrons qui partent « s'éclater au soleil » ; l'écologie ou les sans-papiers (C'est déjà ça), sujet qu'il remet magistralement au goût du jour avec Elle danse.
Le frisson et l'émotion s'emparent de la salle. Et s'il est vrai que la tension peut retomber sur certains titres (Saute en l'air, un tantinet répétitive), que parfois les arrangements musicaux ont un goût un peu trop rétro, l'étincelle revient très vite. Il se déchaîne sur L'amour à la machine, s'émeut d'entendre la salle chanter en coeur Dors min p'tit Quinquin, et organise un karaoké géant et délirant avec Quand j'serai Ko et Foule sentimentale.
Et après tout ça, lorsque Souchon entonne l'inégalable La vie ne vaut rien, on se dit que, oui, « rien ne vaut la vie »
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MessagePosté le: Ven 6 Nov - 10:38 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerque/actualite/Secteur_Dunkerque/20…

Jean-Jacques Girard, « amirateur » depuis plus de 40 ans
vendredi 06.11.2009, 05:02 - La Voix du Nord


Commissaire priseur à Dunkerque, maître Jean-Jacques Girard sera ce soir ...




un spectateur un peu particulier au Kursaal. Proche d'Alain Souchon il entretient avec lui une relation privilégiée depuis le milieu des années 60. « Nos routes se sont croisées il y a plus de quarante ans dans le village de Cour-Cheverny (Loir-et-Cher). Une rencontre banale entre jeunes en vacances. À l'époque il avait déjà commencé à chanter, écumant les cabarets, accompagné de deux soeurs jumelles. Ce trio n'a pas duré longtemps. Peu de temps après il rencontrait Laurent (Voulzy) et partait vers le succès. »


Vos liens demeurant solides, ce succès ne l'a semble-t-il pas transformé.
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« Il est très fidèle en amitié, généreux. Nous continuons à nous voir régulièrement, trois ou quatre fois par an. Je suis le parrain de son fils aîné. La bande de copains née à cette époque là est resté très soudée. La dernière fois que nous nous sommes vus, en août en Sologne, c'était d'ailleurs à l'occasion du mariage du fils d'un des copains de la bande. Un point obligé, c'est le Nouvel An que nous passons généralement ensemble.»



Quel est le principal trait de personnalité que l'ami peut dévoiler ?
« Il est extrêmment naturel et surtout très, très drôle. »



« Le Baiser », chanson dans laquelle il évoque Malo et Bray-Dunes a-t-elle à voir avec votre amitié ?
« Probablement. C'est un grand marcheur et il a pu être inspiré par l'une de nos balades, digue du Braek, au Clipon ou à Malo. »



S'amuse-t-il à placer des messages personnels au détour de certaines paroles ?
« Dans Le Baiser, justement, il parle de "L'Audi du mari". C'est une référence ironique à ma vieille voiture allemande... Dans une autre chanson, il fait chanter à Laurent Voulzy, Presse pas le mouvement , des mots issus d'une chanson de carnaval. »


Alain Souchon « fan » de carnaval, étonnant...
« Non, non, les chansons de carnaval le font certes marrer mais ça ne va pas au delà. La foule, franchement, ça n'est pas son truc.
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MessagePosté le: Ven 6 Nov - 10:43 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerque/actualite/Secteur_Dunkerque/20…

« La plage de Malo, un super décor pour une rencontre amoureuse »



ALAIN SOUCHON EN CONCERT

La plage de Malo-Bray-Dunes n'est plus la même depuis qu'il l'a chantée. Elle est devenue presque mythique. Irréelle. Poétique. Ambassadeur malgré lui du Dunkerquois, Alain Souchon sera ce soir sur la scène du Kursaal pour présenter son nouvel album, « Écoutez d'où ma peine vient ».


Alain Souchon et Dunkerque, c'est une histoire d'amour ?
« C'est un endroit que j'aime beaucoup. J'y ai des amis, des gens très proches, un peu comme la famille. Quand on n'a pas l'habitude du Nord et de Dunkerque, on se rend compte combien les gens y ont une mentalité particulière : ils aiment rire, se réunir. Vous avez vu ce que ça donne quand les Français découvrent la gentillesse, le folklore du Nord... Il y a cette idée de ne pas se prendre au sérieux. J'aime aussi les paysages, et les maisons démodées de Malo. Ça fait très années 30. L'architecture de bord de mer, ce n'est pas comme dans les terres, les gens se laissaient aller à des folies. Le charme de cet endroit, c'est cette plage qui va vers la Belgique, les immeubles belges qu'on voit au loin, cette vieille frontière abandonnée. »



La première fois que vous êtes venu, c'était quand ?
« C'était il y a trente ans mais je reviens régulièrement. Les amis ont des enfants, qui se marient, alors on revient.»



Avec « Le Baiser », vous vouliez dédier une chanson à Dunkerque ?
« Non, je pensais à Marguerite Duras, qui racontait souvent des choses graphiques, avec des personnages placés çà et là qui, selon leur trajectoire, se rencontrent ou pas, s'aiment ou pas. Je voulais raconter ça. La plage est si grande, infinie, souvent avec une petite brume et cette mer dure, un peu verte. Ça me semblait être un super décor pour une rencontre amoureuse. »



Cette femme qui vient vous embrasser dans la chanson existe-t-elle réellement ?
« Non, mais elle est dans la tête de tous les garçons. Le rêve d'une belle inconnue qui viendrait nous embrasser, avant de repartir... »



Vous savez que le vers qui parle de Malo-Bray-Dunes a été repris en exergue sur la boîte d'un parfum Dunes de Flandre...
« Oui, ça m'a beaucoup flatté ! Quand je suis venu en concert la dernière fois, au moment où j'ai chanté ça, j'ai entendu un tel hurlement dans la salle que ça m'a déconcentré, j'ai été obligé de reprendre au début... Cette chanson marche bien partout. Elle est mignonne.»


Vous referez une chanson sur Dunkerque ?
« Un jour, je me baladais avec mon ami sur la digue et on a vu un bateau au loin. Il m'a dit : "c'est la malle d'Ostende !" Voilà une vieille expression très jolie. Je me suis dit : "il faudra mettre ça dans une chanson" ».
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MessagePosté le: Dim 8 Nov - 08:55 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Sur la scène du Kursaal, Alain Souchon a fait rêver 2 200 spectateurs, c'est déjà ça

dimanche 08.11.2009, 05:02 - La Voix du Nord



Sur le site de partage de vidéos Youtube, ils sont des dizaines de musiciens amateurs ...

à pousser la chansonnette, guitare à la main, devant leur caméscope. L'Amour à la machine, Rive gauche... Du Souchon fait maison. C'est sur ces images diffusées sur écran géant que s'ouvre le concert, vendredi soir. Façon de dire qu'Alain Souchon, depuis le temps qu'il arpente les scènes françaises, est un peu à nous aussi, quand on fredonne ses chansons sous la douche ou sur la route du boulot.
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« L'été 75 à Sainte-Maxime, je m'en souviens encore ! Ma soeur achetait tous ses 45 tours, rigole Hervé, 41 ans, qui a découvert Souchon sur J'ai dix ans quand il n'en avait que... six. Comme beaucoup, il a répété sur l'autoradio avant de venir. Des 2 200 spectateurs présents au Kursaal, une majorité ne s'est pas fait prier pour jouer les choristes.
« Plus intimiste
 » Souchon est arrivé avec sa petite bobine sympathique, sa silhouette frêle de pantin désarticulé et sa voix veloutée. Une dégaine aux antipodes du monstre de la chanson française qu'il est devenu (rien que son dernier album, Écoutez d'où ma peine vient, s'est vendu à plus de 330 000 exemplaires), encadré à chaque concert par un staff impressionnant. À 65 ans, Souchon reste séduisant de simplicité et de spontanéité. Accessible. Les Dunkerquois ne s'y sont pas trompé, qui se sont rués au pied de la scène pour les dernières chansons.
« J'ai trouvé son concert plus intimiste que sur les autres tournées, confesse Anne, fan de Souchon depuis ses 12 ans, en fin de concert. C'était moins pêchu mais pas dans le sens négatif du terme. Peut-être qu'il a voulu s'adapter à ce que les gens vivent en ce moment...
 » De la défense de l'environnement (Pardon) au récit de l'exil des migrants (C'est déjà ça) et à la dénonciation des Parachutes dorés, le chanteur a mis sa poésie au service de sujets engagés. L'artiste, qui n'était pas venu dans le Dunkerquois depuis février 2006, s'en est allé en déposant, sous les sifflets, un Baiser sur la joue des amoureux de la plage de Malo-Bray-Dunes.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerque/actualite/Secteur_Dunkerque/20…
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MessagePosté le: Lun 9 Nov - 09:33 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

le 09/11/2009 à 05h42
La grâce révoltée d’Alain Souchon à l’Axone


L’élégant Alain Souchon sera mercredi dans ses habits de chanteur à Montbéliard. Et l’artiste nous dira, encore une fois avec grâce, sa peine du monde.

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De retour sur scène avec un nouvel album, Alain Souchon défendra le cours du monde avec « Écoutez d’où ma peine vient », son dernier album en date, sous les projecteurs de l’Axone. Le retour du barde dans le pays de Montbéliard après de longues années d’absence réjouira les fans d’un chanteur assez atypique dans le paysage de la variété française.
Chanteur à textes
Dans cet opus, les thèmes de société sont abordés à la manière de Foule sentimentale (élue aux Victoires de la Musique « chanson des vingt dernières années »).
La crise financière, les divergences des partis politiques, les querelles de bon aloi s’imposent et l’écoute du disque est plus qu’enrichissante.
Alain Souchon se rappelle à notre bon souvenir et il appuie sur le champignon de sa poésie si particulière. Il n’est pas le sage et élégant « chanteur de salle de bain » qu’il avait revendiqué, non sans humour, voici déjà une bonne dizaine d’années. Le ton avait déjà été donné dans « C’est comme vous voulez » en 1985. Mâchoire serrée et regard « jamais content », Souchon n’est pas d’humeur badine.
Douce explosion
Son dernier disque est peut-être encore plus incisif, bien qu’il ait su conserver cette patte inimitable. Un côté très doux et explosif à la fois, poli et lissé mais dont on sent, sous les mots, poindre une grande révolte personnelle.
Le single le plus représentatif de l’écriture de l’artiste reste sans conteste Parachute doré.
Souchon s’y moque des patrons, emboîte le pas avec ironie aux difficultés économiques.
Une chanson mise en ligne avant la sortie de l’album comme si le chanteur voulait faire un pied de nez à la société. Du pur Souchon.


http://www.lalsace.fr/fr/sorties/aujourdhui/article/2172702,1235/La-grace-r…
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MessagePosté le: Ven 13 Nov - 18:26 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

Un petit article sympa avec des photos...
http://www.republicain-lorrain.fr/fr/article/2181784,75/Alain-Souchon-valeu…
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MessagePosté le: Ven 13 Nov - 18:34 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

CHANSON. Après son dernier disque, « Écoutez d'où ma peine vient », le chanteur est en tournée dans toute la région. Rencontre
Alain Souchon : « Sonner pop avec du sens »


En entretien, Alain Souchon incarne l'humain affable, que la vie artistique a épanoui. La promo n'est « paaas une corvée du tout ! » Sa maison de disques le chouchoute, et le tour sera à l'image du livret de scène, qui titre sur un reconnaissant « Merci ».


Delerm s'avoue votre héritier, le reconnaissez-vous ainsi ?
Alain Souchon : Vincent a toujours écrit des chansons qui me touchent, traitant de sujets qui comptent.
Sous des allures amusantes souvent, poétiques, il y a quelque chose d'un peu caché, une mélancolie dont on parle peu, ce que j'ai toujours adoré avec sa voix et sa musique ; quelque chose de vrai. Mais parler d'influence, pas du tout... peut-être une sensibilité proche.


Le dernier album n'était pas prévu... il fallait retrouver le jus !
C'est venu d'un portrait pour FR3, le seul intérêt étant de me voir en train de faire des chansons : montrer l'idée qui vient en marchant, les bouts initiaux, comment je tourne en rond pour trouver la musique. Dès les premiers titres, c'est venu avec de nouveau du jus, exactement.
L'album s'est concrétisé quand il y en avait suffisamment... Et, comme ça se passe pas mal dans le marasme actuel, arrive la tournée.


La situation du métier vous travail- le ?
Ça m'inquiète pour les générations futures, mais pour moi... c'est joué. Il faut défendre les créateurs, bons ou mauvais... inventer des maisons de disques virtuelles. Regardez les Beatles : c'était pas pour les ressortir, mais retravailler sur des bases techniques différentes des années 60-70.
La basse est retransmise du studio à l'oreille, tout est précisé, plus beau et actuel, loin de la bouillie. On découvre une guitare qui était au loin. Dans les classiques, pareil : « Les Quatre Saisons » de Vivaldi, c'était un autre monde quand j'étais petit. L'arrière-plan - notes de basse et accompagnement - était étouffé, on les entend désormais.


Que faisiez-vous dans les 60's ?
J'étais nonchalant, car je ne croyais pas en moi. Je ne savais rien faire d'autre, alors j'ai grattouillé et chanté comme un branleur. Un jour, avec « L'Amour 1830 », c'était parti, ça m'a amusé. J'ai toujours aimé les chansons des Bee Gees, mais aussi Jerry Lee Lewis, qui allait plus vite que les autres, Presley, Cochran... Mais je ne suivais pas ça passionnément comme Voulzy. C'était sympa à la radio, mais je n'achetais pas.


Quel fut alors le déclic ?
Un copain m'a amené dans un cabaret rive gauche, ça m'a vraiment plu. J'ai découvert Brassens, Brel, Barbara, compris que j'aimais les mots qui me font quelque chose. Ou alors juste la musique pour danser... Ferré, paroles, voix, musique, ça me transportait ; comme Brassens et sa délicatesse. Mon ambition a été de mélanger les deux, sonner un peu pop comme les Anglo-Saxons en ayant du sens. Réunir des paroles un peu profondes, et ce que je sentais chez Joan Baez, Randy Newman, Cohen. Laurent a répondu à ce besoin, et a été une petite explosion nucléaire, avec des succès tout le temps ensemble, surprenant... J'ai cette chance : faire des choses qui coïncident avec les gens, mais je n'en reviens toujours pas.


http://www.sudouest.com/accueil/loisirs-culture/tv-medias/article/767269/mi…


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MessagePosté le: Dim 15 Nov - 08:18 (2009)    Sujet du message: Dans la presse Répondre en citant

«J'aime que les choses durent»

Comme il nous a surpris! Alain Souchon qui apprécie tout particulièrement l'abbaye de Jumièges laisse toujours passer cinq ans entre chaque album. Ecoutez d'où ma peine vient est arrivé seulement trois ans après La Vie Théodore et sans Laurent Voulzy. A nouveau, il pose des mots sur les maux de notre époque, il évoque le cynisme de cette société tout en douceur. Ecoutez sa peine ce soir au Zénith de Rouen.
Pourquoi dites-vous que vous n'êtes pas un chanteur engagé. Les propos de votre nouvel album sont plutôt engagés?

Alain Souchon: «Ce n'est pas mon métier et je ne veux pas être catalogué. D'autre part, tout le monde est engagé parce que nous avons tous un point de vue sur les choses. Mais je ne vais pas chanter pour les Verts ou pour faire la révolution».

Vous avez toujours un regard doux sur les choses.
«J'ai toujours eu une voix douce. C'est ce que je trouve marrant depuis longtemps: avoir les mêmes propos que les rockeurs et faire des chansons tout en douceur».

Est-ce que cette douceur peut parfois se transformer en colère?
«Je ne crois pas. Elle se transforme plutôt en acidité, en sarcasmes».

Vous aimez toujours regarder le monde?
«J'aime beaucoup ça. J'aime regarder les gens. Je suis touché par la vie qu'ils mènent. Cela me fascine parce que nous avons tous des vies différentes. C'est plus facile pour les uns et très difficile pour les autres».

Est-ce une chance de pouvoir regarder le monde?
«Oui, je pense que c'est une chance. Je ne suis pas dans l'action et ma situation de chanteur me plaît beaucoup. C'est un privilège énorme».

Pour regarder le monde comme vous le faites, ne faut-il pas mener une vie stable?
«Je pense que oui. C'est vrai que j'ai eu une enfance plutôt heureuse, que ma vie est agréable, que j'ai toujours la même femme… J'aime bien être au même endroit, que les choses durent. Quand tout change souvent, cela m'angoisse».

Dans votre album, vous pointez du doigt la mondialisation, le consumérisme. Pensez-vous que la société a atteint ses limites?
«Je ne sais pas mais je sais que ça ne va pas aujourd'hui. Alors il faut s'attacher à des choses comme les fleurs, la nature, les arts, Modiano… Toutes ces choses qui vous raccrochent à la vie et qui vous font aimer la vie».

Etes-vous toujours dans un rapport de séduction avec le public?
«Je crois que oui. Si l'on veut que les autres trouvent joli ce que vous faîtes, cela demande du travail, beaucoup de travail. Il faut trouver les rimes, les accords, les mélodies».

Vous avez néanmoins un charme naturel…
«Mais ce n'est plus ce que c'était. Cependant, nous avons tous un petit charme»
.
Avec le temps, est-ce que vous savourez davantage ce métier?
«Oui parce que je n'ai pas besoin de me vendre. En même temps, il y a des gens qui m'aiment bien, qui viennent me voir en concert. Cela fait plaisir. J'aime ce contact de vérité. En fait, j'aime deux moments: celui lorsque je suis en train d'écrire avec un papier, un crayon et une guitare et celui lorsque je chante les chansons sur scène. Le mixage, la promo… Tout cela est secondaire».
Propos recueillis par Maryse Bunel
Alain Souchon

http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/256525/_J_aime_que_l…
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